Partager l'article ! Le Moulin de Sauvage, l'exception qui confirme le rêve...: Tout a commencé il y a trois semaines environ, lorsque Kathy me propose un peti ...
Tout a commencé il y a trois semaines environ, lorsque Kathy me propose un petit week-end en amoureux afin de souffler un peu ...
"Ce serait l'occasion d'aller à la pêche..." me dit-elle.
Pincez-moi, je rêve !!!
Il y a des phrases comme ça que l'on entendrait même au milieu d'un vacarme.
Un large sourire illumine mon visage lorsque mon regard croise le sien. Je suis perplexe mais dois me rendre à l'évidence, elle est sérieuse !
Maintenant c'est à moi de jouer.
Il faut trouver "Le" site, "Le" cadre qui ne la décevra pas. Je sais qu'elle fait ça d'abord par amour pour moi alors je veux qu'elle soit surprise, agréablement surprise.
Qu'elle comprenne la passion qui m'anime, la communion avec l'autre monde, la traque, l'observation, les incertitudes, l'application, la concentration, l'analyse, la stratégie, les
choix...l'attaque, la touche, le combat, la remise à l'eau, la pêche, ma pêche.
Je ne pêcherai pas s'il le faut mais elle prendra son premier poisson, juste pour ça, pour comprendre.
Seulement voilà, il y a comme un léger problème. La pêche est fermée et il faut se rabattre sur un site privé.
Un site capable de proposer du bass ou mieux, capable d'offrir de belles populations de brochets qui n'auraient pas encore frayé. Pas simple et difficilement vérifiable.
"Pourquoi on n’irait pas au moulin ? Tu sais, celui dont Alban nous a parlé..."
Le Moulin de Sauvage... j'y pense depuis des années et il faut que ce soit elle qui m'en ouvre les portes.
Le contact est immédiatement établi avec Vincent de Bruyne, le guide, dont le professionnalisme n'a d'égal que la gentillesse. Les conditions sont réunies, la réservation est faite, maintenant
c'est l'attente, longue...
Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur l'accueil, le service et la tranquillité !
Vincent se plait à le dire : "le plus dur ici, c'est de garer sa voiture".
"Ensuite, on s'occupe de tout".
Le cadre est sublime. Parfaitement implanté au cœur d'une nature sauvage et préservée, le moulin, splendide, interrompt momentanément la course de la rivière dont il puise la force nécessaire au
fonctionnement de la turbine électrique qui l'équipe. Cette turbine fournit chaque année l'équivalent de la consommation en électricité de tout le village. Une large partie des fonds
générés sert à entretenir la majestueuse bâtisse et la Sauvage elle même selon un procédé éco-logique, comme aime le souligner le maitre des lieux Laurent Labat, qui veut que l'énergie générée
par le cours d'eau soit en partie réinjectée dans la biomasse de celui-ci afin de pérenniser le développement du site...
Nous arrivons en début d'après-midi sur notre lieu de villégiature et il nous suffit de déposer nos sacs pour réaliser que nous sommes dans un endroit exceptionnel. Le sentiment assez déroutant
de se sentir chez soi est immédiat, sauf qu'ici, on n’a rien à faire sinon se reposer... tout un programme.
Le début d'après-midi sera consacré à une petite présentation des lieux et à la préparation du matériel.
Je ne veux pas brusquer Kathy en ouvrant tout de suite les boites de leurres et prends un peu mon temps...
Mais la magie du moulin opère et c'est elle qui semble impatiente, c'est dingue.
Nous prospecterons l'aval ; c'est l'endroit le plus dégagé et donc le plus facile à aborder pour un débutant.
Vincent commence alors les explications ; la leçon même devrais-je dire tant celles-ci sont précises.
Lorsqu'il décrit les postes, l'eau semble disparaitre pour laisser place à l'évidence. Les très nombreuses heures passées à arpenter ses rives l'ont doté d'une impressionnante connaissance de
chaque recoin de la rivière. Je suis au bon endroit.
Les lancés s'enchainent pour Kathy et même si l'on sait que les températures négatives des jours précédents ne vont pas nous faciliter la tâche, on profite pleinement de chaque instant de ce
repos providentiel.
C'est alors que survient le premier évènement marquant du séjour. Un frisson me glace le sang et une vive douleur se fait sentir au sommet de mon crâne. Kathy, très étonnée de constater qu'elle
n'a pas réussi à projeter son DD Squirrel malgré un lancé très appuyé, se retourne et constate que celui-ci est fiché dans mon cuir chevelu. Je ne recevrai en guise de compassion qu'un énorme fou
rire soit disant nerveux...
La ballade se poursuit et le peu d'activité se confirme. Néanmoins le bol d'oxygène est appréciable et apprécié.
On discute beaucoup, on explique, on décrit et finalement pêche assez peu mais les progrès sont fulgurants.
Ma belle est de plus en plus à l'aise avec sa petite Avid Pearl et c'est plutôt de bon augure pour le lendemain.
Vincent en profite pour me relater certaines des nombreuses captures réalisées sur le secteur que nous prospectons et l'envie d'en découdre dans le courant avec un beau poisson ne cesse de
croitre.
Car ce qui est assez exceptionnel ici, en plus de tout le reste, c'est que l'on pêche le brochet dans une petite rivière à truites. Celles-ci, très nombreuses et parfois très grosses cohabitent
avec les brochets qui peuvent se trouver derrière chaque caillou, dans le moindre contre-courant et souvent dans très peu d'eau, ce qui rend les attaques spectaculaires. Chaque année, plusieurs
spécimens de plus du mètre sont (momentanément) sortis de l'eau, et les poissons de plus de 90 centimètres sont monnaie courante.
Pendant que nous discutons, Kathy s'applique et se concentre. C'est alors qu'un beau brochet s'empare brièvement de son Spinnerbait Proline et se décroche après quelques coups de tête rageurs.
Nous sommes déjà en train de dévorer nos casquettes lorsqu'elle se retourne, radieuse, en disant : "Vous avez vu ? Vous avez vu ? Moi je l'ai vu, je suis trop contente..."
Le poisson remontera en surface une deuxième fois avant de disparaitre définitivement.
L'émotion est là et c'est bien ce qui compte.
Le soleil décline à l'horizon, le froid se fait sentir, il est temps de rentrer à la "maison".
Mes quelques lancés m'auront permis de prendre subrepticement contact avec un hôte de la rivière plus malin que moi et Vincent capturera le seul poisson en expliquant à Kathy les subtilités du
maniement d'un leurre souple dans le courant.
La soirée se poursuivra dans le grand salon du moulin, au confort difficilement définissable. Le repas, digne d'un grand restaurant et préparé par le Chef Olivier Sentenac, sera servi devant la
cheminée. Après en avoir pris plein les yeux, nous flattons nos papilles, le niveau de prestation est tout simplement exceptionnel.
Kathy et Vincent en pleine
dégustation...
L'heure est déjà bien avancée lorsque nous regagnons la suite magnifique dans laquelle nous allons passer la nuit.
Conscient que vous n'êtes que peu intéressés par ce qui a pu s'y passer, je ne m’étendrai pas sur le sujet...
Il est 10 heures environ lorsque nous regagnons le grand salon. Le petit déjeuner, qui n’a de petit que le nom, n’attend plus que nous.
Vincent s’affaire lui, depuis plus de deux heures. Il se sent investi d’une mission et nous avouera plus tard qu’il avait un peu « la pression ». Il a réussi la veille, l’exploit de
convaincre Kathy de pêcher en canoë. Quand on sait qu’elle a le mal de mer sur un pédalo…magique je vous dis.
La descente de la Sauvage en canoë est le produit pêche phare du moulin. Le guide s’occupe de toute la partie navigation, conseille et fait part de son expérience. Le pêcheur lui ? Et bien
il pêche, il n’a que ça à faire, pêcher.
Seulement, la matinée est déjà plus qu’entamée et nous voulons absolument profiter une dernière fois de la délicieuse cuisine du chef au coin du feu. Nous barboterons donc cet après-midi et
allons en attendant faire un petit tour du côté de l’étang à bass.
Il est magnifique. Après un brin d’hésitation, Kathy embarque sur l’esquif amarré en bordure et nous commençons la ballade. La beauté envoutante des lieux lui fait oublier qu’elle flotte entre deux mondes… La glace a fondu depuis quelques jours laissant admirer une multitude de postes immergés. La technique s’affirme et les trajectoires sont de plus en plus précises. Elle se permet même des petits lancés sous la canne qui lui seront bien utiles plus tard. J’arme alors ma Legend Tournament Jig n’ Worm d’un jig agrémenté d’un Hyper Worm de manière à gratter un peu les bordures avant le repas. Je propulse le piège dans une petite crique et il est immédiatement intercepté. La sanction est immédiate et j’assène un petit ferrage à décrocher les chiquettes. Le combat est bref, il s’agit en fait d’un baby pike bien hargneux qui aura droit à sa petite photo avant de retourner dans l’élément liquide. « Une photo !!! On s’en fiche qu’il soit petit ou gros, un poisson c’est un poisson » commande la reine du week-end. « Heu, oui m’dame »
Nous approchons tranquillement d’une vieille barque à demi-immergée lorsqu’un nuage de gardons salue notre arrivée d’une majestueuse révérence. Vincent me renseigne sur la configuration des lieux et je télescope mon leurre directement dans la coque noyée. La touche est violente et le ferrage…dans le vide. Deux ombres quittent alors leur abri et nous gratifient d’une vive accélération une fois notre présence détectée. Un brochet de 80 centimètres environ et un gros black-bass évalué à plus de 50 nous faussent alors compagnie affolant des légions de cyprins sur leur passage. Je suis dépité. Et alors que je cherche un peu de réconfort dans les yeux de ma douce, elle me chambre, immédiatement épaulée par Vincent. Ca y est, elle est dedans, elle se prend au jeu et j’en suis comblé.
Il est temps de rentrer se restaurer et nous regagnons la zone d’embarquement. Un bass du même gabarit que le précédant, peut être le même, est alors repéré furtivement avant de disparaitre dans les profondeurs ainsi qu’un petit brochet se dorant au soleil sous 20 centimètres d’eau. Mais la sortie de l’eau est ralentie par la présence d’un poisson monstrueux à proximité de l’arbre sur lequel doit être amarré le bateau. Un bass énorme, certainement l’un des poissons de 60 centimètres peuplant le plan d’eau dont Vincent me relatait la présence quelques minutes auparavant. Il n’aura que faire de nos leurres et laissera un petit gout de reviens-y planer dans mon esprit. I’ll be back !
Ce n’est déjà plus une surprise mais le repas est délicieux, nous prenons le temps de l’apprécier et n’embarquons dans le canoë qu’en milieu d’après-midi. Peu importe, nous sommes enchantés par ce que nous vivons et le plaisir provoqué par la « prestation Moulin de Sauvage » ferait presque passer la pêche pour « accessoire ». Le séjour ici est tout bonnement ce que vous décidez d’en faire, pêche, détente, ballade, équitation…ou tout ça réuni mais toujours avec le même niveau d’exigence et de qualité. Bluffant.
Ca bouge un peu et le visage est crispé. Vincent stabilise alors et Kathy peut ressortir ses griffes profondément ancrées dans le polyester. La descente commence. Nous optons pour une prospection rapide car la nuit ne mettra pas très longtemps à faire son apparition. Il y a 6 kilomètres de rivière en amont du moulin et autant pour l’aval que nous avons décidé d’explorer. Il est assez surréaliste de pêcher le brochet dans ces conditions mais c’est excessivement agréable. Kathy pêche inlassablement. Vincent est tendu ; « sa » rivière recèle une population piscicole exceptionnelle, il n’est pas possible qu’elle n’offre pas au moins un poisson à son invitée. L’inquiétude est de courte durée, un cri strident déchire nos tympans stoppant net l’activité des canards. « Qu’est ce que je fais ? Qu’est ce que je fais ? » Kathy hurle et le brochet replonge comme pour ne plus l’entendre. Le combat est bref mais spectaculaire, Kathy bride le poisson avec autant de délicatesse qu’un cowboy maitrisant un taureau sauvage et je saisis à la volée un joli spécimen aux couleurs chatoyantes. Elle affiche un sourire béat et la joie se lit sur son visage lorsqu’elle pose avec sa première prise.
Vincent peut enfin se détendre et en profite pour m’en remettre une petite en faisant allusion au beau poisson raté dans l’étang. Kathy s’empresse alors de faire remarquer que c’est elle qui a pris le plus gros. Je lance mon spinnerbait Proline dans un petit courant bien décidé à faire taire les insolents. Une attaque franche stoppe la course de mon leurre, je ferre, pendu, yes !!! Mais ce poisson bien plus modeste que le précédent servira uniquement à alimenter les railleries de mes compagnons de galère.
Kathy quant à elle ratera un peu plus tard un beau poisson venu la saluer dans un superbe remous alors qu’un âne curieux viendra nous manifester sa sympathie à portée de caresses.
La nuit tombe, Vincent nous fait découvrir la zone encore inoccupée dans laquelle de grandes quantités de brochets viendront frayer dès que la température de l’eau le permettra. Nous rentrons au point de rendez-vous programmé où Olivier, le talentueux et sympathique chef cuistot, nous attend avec le 4x4 et la remorque. Kathy nous gratifiera alors d’un accostage épique dont seul Bill Dance pensait détenir le secret. Fou rire.
De retour au moulin nous rangeons nos affaires avant de reprendre la route pour Paris. Nous nous promettons de revenir vite et avons un peu le sentiment d’abandonner notre maison, c’est étrange. La même sensation que celle que l’on ressent la veille de la reprise du travail après de longues vacances. Les brochets n’ont qu’a bien se tenir et profiter de notre absence, nous serons bientôt de retour avec la ferme intention de pêcher la partie amont de la rivière, celle qui serpente langoureusement dans les bois…et là, Kathy, plus motivée que jamais, fera, elle le promet, parler la poudre…
Vincent de Bruyne, exceptionnel de compétences et de gentillesse.
Nous tenons à remercier sincèrement Anne et Laurent Labat pour leur accueil et leur gentillesse ainsi que le petit Clément dont les sourires ajoutent encore un peu plus de magie au site.
Olivier Sentenac, le sympathique chef dont la cuisine mérite à elle seule le déplacement et bien évidemment, Vincent de Bruyne, notre guide et néanmoins ami, qui a transformé deux jours de repos,
en moments exceptionnels.
Contact : http://le-moulin-de-sauvage.com/
Aussi décalé que les membres qui la composent, le nom de cette team désigne avant tout une bande de potes.Venant d'horizons différents et aspirant à des futurs qui le sont tout autant, nous
sommes simplement réunis autour de la même passion et du même état d'esprit : Une pêche moderne, dynamique et sans limites, sinon celles fixées par le respect de la nature et des poissons.
Un blog sans prétention, sans prise de tête, de simples moments de vie au bord de l'eau, des rencontres, des fish et de la bonne humeur.
Bienvenue sur le petit site de la Paname Cassos Brothers (and sisters) Fishing Team...
(Association loi 1903 SP à but lucratif mais qui rapporte rien !!!)